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Rédiger une offre d'emploi efficace (et éviter le grand vide intersidéral des candidatures à côté de la plaque)

Vous avez défini votre stratégie de recrutement, votre budget, votre fiche de poste et votre candidat idéal.
Parfait.
Maintenant, il va falloir rédiger l'offre d'emploi. Et là... beaucoup de cabinets se plantent.
Spectaculairement.
Une offre d'emploi, c'est votre vitrine RH. Si elle est floue, vide ou impersonnelle, n'espérez pas attirer autre chose que des candidatures inadaptées (ou des CV fantômes envoyés à 23 h depuis un smartphone, “juste au cas où”).

 

Une offre qui attire (et filtre) : la base

Une bonne offre d'emploi doit :

  • 🎯 Avoir un titre clair et attractif (pas “Recherche avocat polyvalent”, ça ne veut rien dire) ;
  • 💡 Vous démarquer des 142 autres annonces postées le même jour ;
  • 🧩 Être assez précise pour décourager les candidats hors sujet et éviter de perdre votre temps.

Et par pitié, n'écrivez pas pour vous : écrivez pour le candidat que vous voulez séduire.

 

Détaillez (même ce qui paraît évident)

De mon expérience de chasseuse de têtes, je peux vous l'assurer : ce qui est “évident” ne l'est jamais pour tout le monde.
Si vous recherchez un avocat collaborateur libéral, précisez-le noir sur blanc dès le début de l'annonce.
Sinon ? Vous recevrez une avalanche de candidatures de juristes corporate, de fiscalistes salariés, et parfois même d'étudiants en M1 qui “cherchent un premier stage”.
À l'inverse, si le poste est exclusivement en conseil, ne fermez pas la porte aux profils de juristes expérimentés (certains peuvent être de véritables pépites).

 

Ce qu'il faut (vraiment) éviter

Voici la to-do (ou plutôt la don't-do) du recruteur pressé :

  • 🚫 “Recherche avocat en droit social.” Point. (Résultat : 80 % de candidatures hors sujet.) ;
  • 🚫 Aucune description du cabinet ni de l'associé. (Pourquoi postuler chez vous ? Mystère.) ;
  • 🚫 Profils incohérents : “de 1 à 10 ans d'expérience”. (Traduction : “On ne sait pas qui on cherche.”) ;
  • 🚫 Référence à une future association qui n'existe pas encore. (Grosse erreur : faux espoirs = frustrations = mauvaise réputation).

 

Bref, montrez que vous savez ce que vous cherchez, et que le recrutement est un vrai sujet pour votre cabinet, pas un passe-temps entre deux audiences.

 

Ce que votre offre doit contenir (vraiment)

  1. Les missions : claires, concrètes, sans jargon ;
  2. La typologie de clientèle ou de dossiers : ça oriente tout de suite les bons profils ;
  3. Le profil recherché : formation, expérience, personnalité. (Pas “jeune avocat” : c'est flou et potentiellement discriminatoire.) ;
  4. La présentation du cabinet et de l'associé : donnez envie ! Parlez de vos valeurs, de votre style de management, de votre ambiance ;
  5. Les avantages concrets : télétravail, place de parking, sixième semaine de congés, temps pour développer une clientèle perso... (Oui, ça compte.) ;
  6. Les perspectives d'évolution : réalistes, pas fantasmées ;
  7. Les modalités : lieu, rythme, statut (libéral, salarié, temps partiel...) ;
  8. Le contact direct : une adresse mail, un nom, un vrai humain.

Et surtout : ne demandez plus de lettre de motivation, c'est fini, dépassé, inutile.
Un bon CV ou un profil LinkedIn bien tenu vous en dira bien plus.

 

L'expérience candidat : stop aux parcours du combattant

Vous voulez les meilleurs profils ? Alors, simplifiez-leur la vie.
Pas d'IA qui appelle, pas de formulaire à rallonge, pas de création de compte pour postuler. Si candidater à votre offre prend plus de 2 minutes, vous perdez déjà les meilleurs candidats : ceux qui ne sont pas en recherche active mais pourraient être tentés (si vous ne les découragez pas avant même qu'ils aient cliqué sur “Postuler”).
Les bons candidats sont souvent débordés. Ils n'ont pas une heure à passer à reremplir des champs déjà présents sur leur CV, et encore moins à parler à un robot.
On rejoint un cabinet d'avocats pour l'humain, pas pour tester une IA RH.


Et n'oubliez pas la base : la légalité

Même si le droit du travail ne s'applique pas à la collaboration libérale, vos offres restent soumises à l'article 225-1 du Code pénal.
👉 Autrement dit : Pas de distinctions sur le sexe, l'âge, l'état de santé ou tout autre critère prohibé.


Bonus : osez les candidatures sans CV

Oui, ça peut surprendre.
Mais certains confrères n'ont tout simplement pas le temps de mettre leur CV à jour.
Un mail clair, un profil LinkedIn complet, parfois suffisent largement à amorcer un échange.
Un doute ?
Passez un coup de fil de cinq minutes avant de trancher, c'est souvent plus révélateur qu'un PDF Word de trois pages envoyés à la hâte.

 

En conclusion

Une offre d'emploi bien rédigée, c'est une offre qui respecte le temps du candidat autant que celui du cabinet.
Elle montre que vous savez où vous allez, qui vous cherchez, et pourquoi ?
Et surtout... elle donne envie de vous rejoindre, pas de fuir dès la première ligne.

Publié le 24 novembre 2025