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L'entretien d'embauche en cabinet d'avocats : (re)mettons un peu de méthode dans tout ça

L'entretien d'embauche, c'est souvent là que tout se joue et pourtant, c'est aussi là que tout peut se perdre. Entre les délais à rallonge, les process trop lourds et les RH qui s'interposent sans comprendre la collaboration libérale... certains cabinets réussissent l'exploit de faire fuir les meilleurs candidats avant même de les rencontrer.

 

Le bon tempo : battre le fer tant qu'il est chaud 🔥

Premier principe : la réactivité. Fixez l'entretien d'embauche dans les 15 jours maximum après l'entretien téléphonique. Au-delà, le marché vous aura déjà devancé, et si vous attendez trois semaines, ne soyez pas surpris d'apprendre que votre candidat « parfait » a signé ailleurs.

 

💡 Astuce : dès la diffusion de l'annonce, bloquez des créneaux pour les entretiens.
Ça évite les “on vous rappelle bientôt” qui tuent l'élan et la crédibilité du cabinet.

 

RH ou pas RH ? Parlons franchement

Certaines structures imposent un pré-entretien avec le service RH avant de rencontrer l'associé.
Si le recrutement concerne un collaborateur libéral, c'est une perte de temps.
Deux entretiens, c'est déjà beaucoup dans un marché où les bons profils sont sollicités tous les jours.

Par expérience : quand j'étais collaboratrice, j'ai été confrontée à ce type d'entretien RH qui était long, déconnecté du réel et surtout, ça ne donnait pas envie.

Un cabinet d'avocats n'est pas une multinationale : l'humain et la rapidité priment sur le protocole.

Réservez donc le passage RH :

  • Aux recrutements de salariés ;
  • Ou aux cas où la personne RH maîtrise vraiment le statut de collaborateur libéral (spoiler : c'est rare).

 

Un entretien, oui — mais structuré

Un bon entretien ne s'improvise pas entre deux rendez-vous clients. C'est un exercice cadré, préparé et orienté vers un objectif : évaluer la compétence, le potentiel et la compatibilité culturelle du candidat.

🚫 L'entretien où on laisse le candidat dérouler tout son parcours sans interruption ?
C'est fini.

✅ Menez l'entretien. Orientez-le. Posez les bonnes questions.

 

Conduire un entretien efficace : équilibre et écoute

Un entretien réussi, c'est un savant mélange de professionnalisme et de convivialité.
Vous devez à la fois :

  • Évaluer les compétences techniques ;
  • Sonder les soft skills (communication, éthique, travail en équipe) ;
  • Observer les réactions et attitudes : comment le candidat argumente, se positionne, réagit à la contradiction.

Pensez aussi à tester ses réflexes via des scénarios concrets : “Comment géreriez-vous un client qui... ?” ou “Que feriez-vous si... ?”.

Les réponses en disent souvent plus que le plus beau CV.

Et surtout, créez un climat accueillant et confraternel. Un candidat crispé ou sur la défensive ne vous montrera jamais son vrai potentiel.

 

Le déroulé d'un entretien d'embauche réussi

Voici la trame d'un entretien fluide et professionnel :

 

Faites participer l'équipe

L'entretien, ce n'est pas qu'un face-à-face avec l'associé. Impliquer un ou deux membres de l'équipe qui travailleront avec le futur collaborateur est souvent une excellente idée. Cela valorise les collaborateurs actuels, favorise l'intégration et permet d'éviter les mauvaises surprises côté compatibilité humaine.

Un second entretien collectif peut aussi être envisagé si le premier a eu lieu à distance.
Et si le candidat est reçu au cabinet, faites-lui faire un petit tour des bureaux : ça aide à se projeter (et souvent, ça fait la différence).

 

Moins d'entretiens, plus d'efficacité

Dans un marché juridique aussi tendu, inutile de multiplier les rendez-vous.
Deux entretiens maximum suffisent largement, sauf pour un futur associé et idéalement, espacés de moins de dix jours.

 

👉 Souvenez-vous : aujourd'hui, “battre le fer tant qu'il est chaud” n'a jamais été aussi vrai.
Attendre, c'est perdre.

 

Après l'entretien : faire le tri sans perdre la mémoire

Prenez des notes précises pendant ou juste après chaque entretien. Remplissez un tableau de synthèse (le fameux “Tableau n°7” de ton ouvrage) pour garder une trace claire des points forts, faiblesses et ressentis.

Mais ne tombez pas dans le piège du recrutement “Excel-only” : les grilles d'évaluation sont utiles, mais votre instinct et le ressenti de l'équipe comptent tout autant.

 

En conclusion

Un bon entretien de recrutement, c'est un savant dosage de rigueur, réactivité et bon sens.
Préparez-le, structurez-le, et surtout : vivez-le comme une rencontre humaine, pas une formalité.
Parce que c'est bien là que se joue l'avenir de votre collaboration et l'image de votre cabinet.

Publié le 24 novembre 2025